Ecriture et contrainte

Il me semble que pour être productif, en littérature ou dans n’importe quel art en général, il faut se fixer des contraintes. Comme le disent certains dictons, que je reprends à peu près ici :

C’est dans la contrainte qu’on trouve la liberté.

C’est vraiment quelque chose qu’il faut garder en tête, et qu’il faut essayer d’expérimenter le plus souvent possible, car cela vous permettra de devenir plus productif et d’améliorer votre écriture (et votre style naturel). Les contraintes sont souvent sous-estimées, parce qu’on peut se dire, à tort, que cela va freiner notre processus d’écriture, nous entraver. Au début, on peut en effet avoir du mal à démarrer ; mais une fois que cette technique est apprivoisée, je peux vous assurer que vous trouverez dans la contrainte une liberté que vous ne pouvez pas imaginer !

Quelques exemples de contraintes que l’on peut s’imposer :

  • Écrire sans ponctuation ;
  • Écrire avec la deuxième personne du singulier (tu), ou la première personne du pluriel (nous) ;
  • Choisir un texte et écrire l’histoire qui se déroule avant, ou après celui-ci ;
  • Écrire à partir d’une phrase (trouvée dans un roman, recueil de poésie, de nouvelles,…) ;
  • Choisir une figure de style simple (anaphore, comparaison,…) et écrire à partir d’elle ;
  • Choisir un texte existant et en changer le point de vue ;

Vous pouvez aussi aller plus loin en vous mettant des contraintes presque impossibles à résoudre ou à tenir sur le long terme :

  • Écrire un texte sans verbe ;
  • Écrire un texte en supprimant une lettre (par exemple le « e », comme dans La Disparition de Georges Perec).

Vous l’aurez compris, si vous vous mettez des règles comme celles-là, ou en vous inspirant de celles qui se trouvent au-dessus, votre imagination se construira à l’intérieur de ces contraintes. L’imagination est trop volatile et demande une série d’efforts pour être maîtrisée ; utiliser ces techniques vous permettra de mieux appréhender votre propre univers mental, et par la suite, ce sera plus facile pour vous d’écrire en partant de rien. Ces contraintes sont également un bon moyen de trouver vos propres contraintes et, si l’une d’entre elles vous convient, n’hésitez pas à l’utiliser de manière régulière ! Petit à petit vous vous en éloignerez, ou bien elle finira par vous accompagner et deviendra une routine d’écriture.

Il faut bien comprendre que les contraintes ne sont pas aussi gênantes qu’on pourrait le penser. Il faut plutôt les voir comme un espace dans lequel on peut tout se permettre et c’est justement de cette façon que la créativité s’exprime pleinement.

Pour vous livrer un petit secret, j’utilise personnellement une application toute simple pour écrire ; celle-ci se base sur une contrainte de temps. Avant de commencer à écrire, on se fixe une durée limite (par exemple 5min, 10min jusqu’à 180min !) pendant laquelle il ne faudra pas s’arrêter d’écrire pendant plus de 5 secondes sinon… le texte sera tout simplement effacé ! Cette application s’appelle « Flowstate » et je l’ai immédiatement adoptée ; elle pousse à écrire, encore et encore, et à la fin on prend le temps de faire le tri de tout ce qu’on écrit. Pendant que l’application tourne, on doit rester concentrer, et il n’y a qu’une seule chose à faire pour s’en sortir : produire. Est-ce qu’on recherche autre chose que cela ? Car je pense que le véritable problème de l’auteur, c’est d’arriver à écrire le plus possible, partout et tout le temps. Cette application rempli donc bien un rôle de contrainte, et pour moi, c’est certainement la meilleure application d’écrivain disponible en ce moment.

Si vous n’avez pas accès à ce type d’application, jouez le jeu une fois : fixez-vous une durée limite, et si pendant plus de 5 ou 10 secondes vous ne touchez pas votre clavier, supprimez votre texte. Je peux vous assurer que vous aurez mal au coeur, et que la prochaine fois vous écrirez ; même si c’est pour l’effacer plus tard !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *