Ce qui est assez intéressant avec internet, c’est qu’on peut rencontrer des personnes, en particulier des artistes, qu’on n’aurait certainement jamais pu croiser. Pour ça, je ne peux que vous conseiller de passer une heure ou deux sur Instagram : d’un compte à l’autre, on tombe parfois sur des pépites qui rallume un truc, caché au fond de vous. C’est un peu ce qui s’est passé avec Kapitenjeko, ou Jéko (@kapitenjeko sur Instagram), avec qui j’ai pris contact. Je pense avoir craqué pour ce style très coloré, énigmatique et pourtant assez proche de ce que peut proposer une esthétique à la Jean-Michel Basquiat. Du coup, que se cache-t-il entre cette régularité graphique très maîtrisée et ces cris sauvages, coups de pinceaux qui semblent inachevés ?

© Kapitenjeko – Instagram

«  – Qui est Jéko ? Vous êtes donc parisien, vous avez 23 ans et vous êtes peintre ? (Peintre ou artiste d’ailleurs ?) ;

Jéko c’est un jeune artiste peintre et aussi graphiste, de 23 ans, qui habite à coté de Paris.

– Comment en êtes-vous venu à la peinture ? Y a-t-il eu un passage par les Beaux-Arts ou une formation particulière ? ;

C’est flatteur mais je n’ai fait aucune école lié à l’art. J’ai toujours aimé créer. Enfant, dès que j’avais un crayon dans la main je dessinais sur des morceaux de feuilles, puis un jour ma mère a décidé de m’acheter une toile et à partir de ce moment, je ne me suis jamais arrêté. Puis le fait de visiter des musées m’a aussi donné envie.

– Quels sont vos influences artistiques ? Je pense notamment à Keith Haring, qui avait aussi cette capacité à rendre les lignes épaisses vivantes ;

Je m’influence de beaucoup de choses. J’écoute beaucoup de musique, je me balade dès que je le peux dans les musées et expositions. Je m’intéresse à tout ce qui passe sous mes yeux. 

J’aime observer. Regarder la nature et la ville vivre, c’est très inspirant pour moi. Bien sûr, Keith Haring est une grande inspiration, ses messages, ses formes, ses couleurs sont très fortes. C’est un artiste que j’affectionne tout particulièrement. 

Il y a quelques années, je suis allé au musée d’art moderne de Paris voir une exposition sur Keith Haring, j’en ai pris plein les yeux.

– Au-delà de Keith Haring, quels sont les autres artistes qui comptent ? ; 

J’aime beaucoup, comme je l’ai dit précédemment, Keith Haring. J’adore également les œuvres de Jean-Michel Basquiat et j’aime, aussi, beaucoup Pierre Soulages qui a une approche magnifique avec la couleur et ses reflets.

– Est-ce que vous êtes uniquement un artiste de studio, ou bien vous avez déjà travaillé dans la rue ? ;

Actuellement, je suis uniquement un artiste studio / chambre. Mais j’ai un projet avec lequel j’aimerais lier les 2 (le studio à la rue), j’aime énormément l’art de rue. 

Les tags, les graffs, le streetart… Tout ce qui lie l’art à la rue je suis très client de ça, ça m’inspire beaucoup. 

– Avez-vous des thèmes de prédilection, ou bien votre travail est seulement une recherche esthétique ou stylistique ? ;

Je cherche quelque chose d’esthétique tout en ajoutant ce que j’ai envie de dégager. Souvent je travaille le fond puis en fonction de ce que ça m’inspire je vais dans cette direction.

Je peux écouter une musique ou voir un film qui va me mettre dans une certaine ambiance et je vais retranscrire le sentiment que j’ai sur le moment.

Ou ça peut être un souvenir qui remonte. En général, c’est vraiment spontané et aléatoire les thèmes que j’aborde. 

Il peut m’arriver de prévoir des thèmes que j’ai envie d’engager mais c’est plus rare. 

© Kapitenjeko – Instagram

– Y a-t-il une signification précise à vos oeuvres ? Une direction, un message ? ;

Il y a des significations pour moi mais elles seront différentes en fonction de la personne qui les voit. 

C’est pour cette raison que je n’aime pas décrire ce que je dessine, je préfère que chaque personne voie ce qu’elle a envie de voir et que chacun s’approprie l’oeuvre à sa manière.

– Est-ce facile d’être un artiste contemporain aujourd’hui ? ;

Facile, je sais pas trop… Personnellement, pour l’instant je n’en vis pas encore. J’aimerais bien pouvoir en vivre un jour mais je pense surtout à faire ce que j’aime.

Après oui, il y forcement des moments plus compliqués que d’autres mais on s’adapte. 

– Comment se passe le rapport avec le public ? Comment reçoit-il vos oeuvres ? ;

Le rapport avec le public se passe bien. Je n’ai jamais fait d’expositions ou autres mais j’ai souvent des retours positifs sur Instagram (l’endroit où je poste la plupart de mes oeuvres).

Je verrai avec le temps.

– Vous exposez dans une galerie actuellement ? ;

Non,  mais j’aimerais bien commencer à exposer à partir de l’année 2018. Donc peut être bientôt, je l’espère !

– Avez-vous des projets futurs dont vous pouvez nous parler ?

Comme je l’ai dis, j’ai un projet où j’aimerais lier mes œuvres à la rue, peut être déposer des œuvres dans Paris, je ne sais pas encore exactement.

J’ai fait une collaboration avec une marque de chaussure (Komrads) pour un jeu concours. Récemment, j’ai créé une marque de vêtement avec des amis d’enfance, Kapiten, qui rassemble l’aventure et le sport (www.kapiten.fr). Et sinon peindre encore et encore ! Et, je l’espère, exposer. « 

© Kapitenjeko – Instagram

Deux choses : je ne peux que vous encourager à aller voir ce que fait Jéko sur Instagram, parce qu’en plus d’être déjà très fourni, il est assez productif et donc publie quand même souvent des choses. Et surtout, peut-être le plus important, n’hésitez pas à commenter et à faire des retours ; c’est ce qui compte et qui fait plaisir. Je tiens encore une fois à le remercier pour sa patience et sa gentillesse ; aussi pour sa disponibilité parce que ce n’est jamais chose facile que de parler de son travail. Mais, écouter un artiste est toujours quelque chose de très motivant et, comme le dit Jéko lui-même, c’est très « inspirant ». Merci !